Izmir (en grec : Σμύρνη / Smýrni), anciennement Smyrne, est le deuxième plus grand port de Turquie (après İstanbul), et la troisième agglomération du pays par le nombre d’habitants (2,8 millions d’habitants en 2010). Elle est située sur la mer Égée près du golfe d’Izmir. Ses habitants sont les Smyrniotes.

Histoire
Les origines

İzmir est la forme turque moderne du nom Smyrne, ville connue depuis l’Antiquité (comme İznik pour Nicée). La forme Smyrne a été longtemps préférée en français à la forme turque qui ne s’est imposée qu’au XXe siècle. Aucun gentilé formé sur Izmir n’est signalé. Les noms de famille algeriens Zmir, Zemirli, Zmirli, Zermirline… proviennent de la ville d’Izmir2.


Smyrne fut fondée vers 3000 avant J.-C. par les « Lélèges », sur le site de Tepekule près de l’actuelle Bayraklı. Son nom proviendrait de celui d’une reine amazone. Entre 2000 et 1200 av. J.-C. elle fit partie du royaume hittite puis, suite à l’effondrement de l’État hittite face aux attaques des Phrygiens, elle fut occupée par des Éoliens émigrés de Grèce vers l’Anatolie au XIe siècle av. J.‑C., puis par des Ioniens.

De l’indépendance à la conquête par Rome

La première Smyrne vécut son apogée durant la période ionienne. Elle fut envahie en 600 av. J.-C. par le roi de Lydie Alyatte II, puis par les Perses en 546 av. J.-C. Ravagée, la cité n’occupa plus de rôle important durant la période classique (Ve et IVe siècles av. J.‑C.).

Selon la légende, c’est Alexandre le Grand qui décida de restaurer la cité détruite. Mais ce sont plus probablement ses successeurs (Antigone le Borgne, puis Lysimaque) qui reconstruisirent la cité au IVe siècle av. J.‑C., après la mort d’Alexandre. En 302 av. J.-C., elle passa sous la domination de Lysimaque, ancien général d’Alexandre le Grand, après sa victoire sur Antigone le Borgne, puis sous la domination des Séleucides puis, pour une courte période, sous celle du royaume de Pergame (fin du IIIe‑début du IIe siècle av. J.‑C.). Les Séleucides tentèrent de reprendre le contrôle de l’Ionie où se situait Smyrne. Smyrne se battit aux côtés des Attalides, de Pergame et de Rome. En 189–188 av. J.-C., les Séleucides furent chassés de l’Ionie et de l’Asie Mineure. Smyrne reçut des territoires pour avoir combattu aux côtés de Rome. Son engagement lui permit de bénéficier d’une indépendance protégée par la cité romaine. La ville reçut plusieurs hommes politiques romains en exil.

De 89 à 85 avant Jésus-Christ, Smyrne, comme l’ensemble des cités d’Asie Mineure, soutint le roi du Pont (Mithridate VI Eupator) dans sa guerre contre Rome. Sylla, général romain, entreprit la conquête de l’Asie Mineure. Il prit Smyrne et obligea chacun des habitants de la cité à défiler nu en plein hiver. Lors de la paix de Dardanos (85 av. J.-C.), qui conclut la guerre entre Rome et Mithridate VI, Smyrne, comme la majorité des cités libres d’Asie et d’Égée entra alors dans la province romaine d’Asie.

Smyrne fait partie des sept Églises d’Asie citées dans l’Apocalypse3 de saint Jean qui a, d’après Tertullien, institué le premier évêque de Smyrne : Polycarpe4. Un passage de l’Apocalypse fait allusion à des chrétiens emprisonnés et Jean les félicite de leur courage face à la persécution de Domitien5.

Depuis le IIIe siècle av. J.‑C., Smyrne a toujours donné l’impression d’une cité prospère. Artistiquement, elle est connue pour ses grotesques. Les grotesques sont des figurines en terre cuite dont la particularité est d’exagérer un défaut physique lié souvent à la maladie. Il semble que ces représentations n’eurent pas seulement un but artistique ou de divertissement. Smyrne possédait une célèbre école de médecine dans l’Antiquité où séjourna le célèbre médecin Galien. Il est probable que certaines de ces sculptures servaient à illustrer des maladies comme l’hydrocèle (accumulation anormale de liquide ou de gaz dans un testicule). Une collection de ces objets est visible au musée du Louvre.

De la ville romaine ne sont connues que la zone de l’agora (en cours de fouille) ainsi que l’emplacement du théâtre, aujourd’hui recouvert par des maisons.

La ville est la patrie du célèbre rhéteur Aelius Aristide, qui vécut au IIe siècle et a laissé une œuvre littéraire importante.

Smyrne médiévale

Smyrne vit naître l’une des sept églises originelles de la chrétienté. Devenue une province de Byzance après la division de l’Empire romain, elle fut envahie par le roi des Huns Attila en 440, puis par les Arabes en 695, avant de retourner dans le giron de Byzance. En 1081 elle fut conquise par les Turcs Seldjoukides, avant que les Byzantins, profitant de la progression des Croisés en Anatolie, n’aient reconquis en 1097 les territoires occupés par les Turcs sur les côtes de la mer Égée. Elle fut ravagée par les Turcs en 1222 et rebâtie par Jean Doucas qui édifia Kadifekale (la « citadelle de velours »).

En 1320 elle fut conquise par Mehmet Bey, émir d’Aydın. Son fils Umur Bey perdit la citadelle du port (Liman Kalesi) au profit des Chevaliers de Rhodes le 28 octobre 1334. Jusqu’en 1402 les Croisés et les Turcs gardèrent leurs positions respectives, les Croisés dans la Citadelle du port et les Turcs dans la « citadelle de velours » (Kadifekale), jusqu’à ce que Tamerlan détruise la Citadelle du port en décembre 1402.

Izmir ottomane

L’importance économique et culturelle d’Izmir s’accrut progressivement durant les 500 ans où elle fit partie de l’Empire ottoman à partir de 1426 et dont elle fut la cité la plus riche. Izmir est également le lieu de naissance de Sabbataï Tsevi (1626-1676), Messie auto proclamé, qui provoqua une importante crise au sein de la communauté juive de l’Empire ottoman. La ville est l’une des plus importantes « échelles du Levant », où se côtoient à côté des Turcs des communautés franques, juives, grecques, arméniennes. Au XIXe siècle, Smyrne est appelée un « petit Paris ». Le nouveau port (1870) construit par l’entreprise Dussaud et les deux premières lignes de chemin de fer de l’Empire ottoman (Smyrne-Kassaba et Smyrne-Aïdin, 1856) concourent à projeter la ville dans l’ère moderne.

 

 

La reconstruction d’Izmir

À la suite du traité de Lausanne, Izmir, comme l’ensemble de l’Anatolie, retourne à la Turquie, où Mustapha Kemal a remplacé le sultanat par une république. Les populations d’origine étrangère quittent la ville, notamment les Grecs à la suite de l’échange de population entre la Grèce et la Turquie.

La ville, où seuls les quartiers turcs et juifs ont été épargnés par l’incendie, sera reconstruite progressivement, d’après les plans de l’urbaniste René Danger8. La ville accueille tous les ans (première semaine de septembre) la Foire internationale pour laquelle a été aménagé en 1936 le grand parc au centre de la ville (Kültürpark).

Après la Seconde Guerre mondiale, Izmir connait un boom démographique en partie dû à l’émigration depuis les provinces orientales. Le projet d’extension de Le Corbusier, invité par la municipalité en 1939 puis en 1948, n’est pas réalisé. La ville présente cependant un aspect très moderne, que seuls viennent atténuer les quartiers du port (ancien quartier franc) et les pentes de la citadelle de Kadifekale.

Izmir a conservé sa tradition de ville ouverte sur l’Occident.

Il reste à Smyrne, des traces et des liens de la présence d’une communauté francophone. Édouard Balladur, ancien Premier ministre français, est né à Smyrne en 1929. Le lycée Saint-Joseph, établi par les Frères des Écoles chrétiennes en 1880, poursuit sa mission.

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