Ajaccio (Aiacciu en langue corse) est une commune française, préfecture du département de la Corse-du-Sud et de la collectivité territoriale de Corse.

Les habitants d’Ajaccio sont appelés les Ajacciens (« Aiaccini » en langue corse).

Ajaccio est notamment connue pour être la première ville française libérée, par les Patriotes Corses et avec l’aide de soldats italiens et de tirailleurs marocains le 9 septembre 1943.


Géographie

Site

La ville se situe dans la partie sud de la Corse, bordée par la mer Méditerranée. Elle possède une position avantageuse par rapport au reste de l’île. Elle est implantée en position d’abri sur la côte occidentale de l’île. La commune en elle-même s’étend sur la rive nord du golfe, entre la Gravona et la pointe de la Parata, incluant les îles Sanguinaires. De nombreuses plages et criques bordent son territoire dont la partie ouest est particulièrement accidentée (point culminant : 790 mètres).

Urbanisme

Si la commune d’Ajaccio a une vaste superficie (82,03 km²), seule une petite partie est urbanisée. De ce fait, l’unité urbaine d’Ajaccio se localise dans l’est de la commune, sur une étroite bande littorale formant un arc de cercle très densément peuplé. Le reste du territoire communal est naturel, avec un habitat peu important et assez diffus. La périurbanisation se développe au nord et à l’est de l’agglomération.

Climat

La ville possède un climat méditerranéen. L’ensoleillement moyen annuel est de 2 726 heures.

On note d’importantes variations climatiques locales, en particulier concernant l’exposition aux vents et les précipitations totales, selon que l’on se situe dans le centre urbain, près de l’aéroport ou des îles Sanguinaires. Les précipitations moyennes annuelles sont de 645,6 mm à la station de Campo dell’Oro, et de 523,9 mm à celle de la Parata, la troisième plus sèche de France métropolitaine. La chaleur et la sécheresse de l’été sont quelque peu tempérées par la proximité de la mer Méditerranée, sauf lorsque souffle le sirocco. En automne et au printemps, de violents épisodes pluvio-orageux peuvent se produire. Les hivers sont doux et la neige assez rare. Ajaccio est la ville de France qui détient, sur la période de référence 1971-2000, le record du nombre d’orages, avec une moyenne de 39 jours d’orage par an.

Le 14 septembre 2009, la ville fut frappée par une tornade d’intensité F1 sur l’échelle de Fujita. Il n’y eut que peu de dégâts (notamment des panneaux publicitaires arrachés, des tuiles envolées, des voitures retournées et des vitres cassées) et aucune victime.

Histoire
Antiquité

La ville n’est pas mentionnée par le géographe grec Ptolémée d’Alexandrie au IIe siècle après Jésus Christ, malgré la présence d’une localité nommée Ourkinion dans la Cinarca voisine. Or c’est vraisemblablement à cette époque que la ville d’Ajaccio connut son premier développement. En cette période de prospérité au sein du bassin méditerranéen (la pax romana), le besoin d’un véritable port à même d’accueillir de grands bâtiments à l’aval des différentes vallées qui aboutissent dans le golfe se fit probablement sentir (d’importantes découvertes archéologiques sous-marines récentes d’embarcations romaines tendent à le confirmer).

D’autres fouilles menées récemment ont permis la découverte d’importants vestiges paléochrétiens de nature à considérablement réévaluer à la hausse la taille de l’agglomération ajaccienne dans la deuxième partie de l’Antiquité et au début du Moyen Âge. La ville était en tous cas suffisamment notable pour être déjà le siège d’un diocèse, mentionné par le pape Grégoire le Grand en 591. La cité était alors située plus au nord que l’emplacement choisi plus tard par les génois, à l’emplacement des quartiers actuels de Castel Vecchio et Sainte-Lucie.

Epoque médiévale et génoise

Il est établi qu’à partir du VIIIe siècle la ville, à l’instar de la plupart des autres communautés côtières corses, déclina fortement et disparut presque complètement. Néanmoins, on sait qu’un château et une cathédrale étaient toujours en place en 1492 et que cette dernière ne fut démolie qu’en 1748.

À la fin du XVe siècle, les Génois désireux d’affirmer leur domination sur le sud de l’île décidèrent de rebâtir la ville d’Ajaccio. Plusieurs sites furent alors considérés : la Pointe de la Parata (non retenue car trop exposée aux vents), l’ancienne ville (considéré finalement comme insalubre à cause de la proximité de l’étang des Salines), enfin la Punta della Lechia sur laquelle le choix a été arrêté.

Les travaux débutèrent le 21 avril 1492. La ville se développa rapidement et devint la capitale administrative de la province de l’Au Delà Des Monts (plus ou moins l’actuelle Corse-du-Sud), Bastia demeurant la capitale de l’île entière.

D’abord une colonie peuplée exclusivement de Génois, la ville s’ouvre lentement aux Corses, même si pratiquement jusqu’à la conquête française, les Ajacciens légalement citoyens de Gênes, se distingueront très volontiers des paesani insulaires, ces derniers habitant principalement le Borgu, faubourg à l’extérieur des remparts de la cité (l’actuelle rue Fesch en était l’artère principale).

Époque française

Ajaccio fut occupée par les Français de 1553 à 1559, puis passa définitivement à la France en 1769 : après avoir vaincu l’armée royale à Borgo en octobre 1768, les patriotes de Pascal Paoli sont écrasés en mai 1769 à Ponte-Novu.

La ville fut faite par Napoléon Ier, qui en était originaire, la capitale de l’unique département de l’île au détriment de Bastia. C’est au cours des XIXe et XXe siècles qu’Ajaccio rattrapa son retard sur cette dernière et devint la ville la plus peuplée de l’île.

Au XIXe siècle, Ajaccio est une station d’hivernage très prisée de la haute société de l’époque, particulièrement anglaise, à l’instar de Monaco, Cannes, Nice. Une église anglicane fut même bâtie.

Le premier bagne pour enfants de France fut construit à Ajaccio en 1855 : la colonie horticole de Saint Antoine. C’était une colonie correctionnelle pour jeunes délinquants, (de 8 à 20 ans) établie en vertu de l’article 10 de la loi du 5 août 1850. Près de 1200 enfants venus de toute la France y séjournèrent jusqu’en 1866, date de sa fermeture. Cent soixante d’entre eux y périrent, victimes des conditions sanitaires déplorables, et de la malaria qui infestait les zones insalubres, qu’ils étaient chargés d’assainir.

Époque contemporaine

Le 9 septembre 1943, Ajaccio se soulève massivement contre l’occupant nazi et devient ainsi la première ville française libérée de la domination allemande. Le général de Gaulle se rend à Ajaccio le 8 octobre 1943, et déclare : « Nous devons sur le champ tirer la leçon de la page d’histoire que vient d’écrire la Corse française. La Corse a la fortune et l’honneur d’être le premier morceau libéré de la France; Ce qu’elle a fait éclater de ses sentiments et de sa volonté, à la lumière de sa libération, démontre que ce sont les sentiments et la volonté de la Nation tout entière ».

Durant toute cette période, aucun juif n’a été exécuté ni déporté en Corse grâce à la protection accordée par ses habitants et son administration. Cette particularité permet aujourd’hui à la Corse de prétendre à devenir juste parmi les nations, titre qu’aucune région n’a encore eu (en France, la seule collectivité territoriale à avoir obtenu ce titre est la commune altoligérienne du Chambon-sur-Lignon). Le dossier est en 2010 en cours d’étude.

Depuis le milieu du XXe siècle, Ajaccio a connu un développement important. La cité impériale a connu un accroissement démographique et un étalement urbain considérable. Aujourd’hui capitale de la Corse et principale agglomération de l’île, elle cherche à s’affirmer comme une véritable métropole régionale.

Politique

La cité impériale resta (avec quelques interruptions) un bastion électoral bonapartiste jusqu’aux élections municipales de 2001. La municipalité sortante fut alors battue par une coalition de gauche dirigée par Simon Renucci, rassemblant sociaux-démocrates, communistes ainsi que Charles Napoléon, prétendant au trône impérial.

Économie

La ville est, avec Bastia, le centre économique, commercial et administratif de la Corse. Son aire urbaine de près de 90 000 habitants s’étend sur part importante de la Corse-du-Sud, de part et d’autre du golfe d’Ajaccio et remontant la vallée de la Gravona. Son activité est avant tout orientée vers le tertiaire.

Transports

Circulation

La ville est accessible par la RN 194 depuis Bastia et par la RN 193 puis la RN 196 depuis Bonifacio.

Ces deux principaux axes, ainsi que les routes secondaires menant aux villages périurbains, relient Ajaccio par le nord, le site de la cité impériale formant un cul de sac obstrué par la mer au sud. Seuls le Cours Napoléon et le boulevard du Roi Jérôme permettent de traverser la ville.

Cela explique avec la forte densité urbaine les problèmes importants de circulation et de stationnement rencontrés, notamment aux heures de pointe et durant la saison touristique estivale. Une rocade de contournement traversant plusieurs quartiers est en voie d’achèvement.

Transports en commun

Les Transports en commun d’Ajaccio (TCA) offrent un service de 11 lignes urbaines, 1 ligne « citadine » pour des liaisons de proximité et 8 lignes périurbaines, dont la fréquence varie selon la fréquentation des lignes (intervalle de 30 minutes pour les plus importantes).

Aéroport

La ville est desservie par un aéroport international, siège d’Air Corsica, compagnie aérienne corse. Il relie Ajaccio à un certain nombre de villes de France continentale (notamment Paris, Marseille, Nice et Brive), et d’Europe de par sa fonction touristique.

Port

Le port d’Ajaccio est relié au continent français de manière quasi-quotidienne (Marseille, Toulon, Nice). Des liaisons occasionnelles existent aussi vers l’Italie continentale (Livourne) et vers la Sardaigne, de même qu’un service saisonnier dessert Calvi et Propriano. Les deux grandes compagnies de navigation assurant ces liaisons sont la SNCM et Corsica Ferries.

Ajaccio est devenu également une escale de croisière notable 2007 (418 086 passagers), de loin la première de Corse et la deuxième de France (derrière Marseille, mais devant Nice/Villefranche-sur-Mer et Cannes). L’objectif est à terme qu’Ajaccio devienne le premier port français pour les croisières mais également que la ville devienne une tête de pont pour les départs.

La fonction portuaire de la ville est aussi constituée par le commerce, la plaisance et la pêche artisanale (3 ports).

Chemins de fer

La gare d’Ajaccio, appartenant aux Chemins de fer de Corse, se situe près du port, Square Pierre Griffi, et permet de relier en train Corte, Bastia (durée : 3 h 25 min) et Calvi (par correspondance).

Deux arrêts facultatifs :

l’Arrêt des Salines, au nord de la ville, dans le quartier du même nom
l’Arrêt Campo dell’Oro, à proximité de l’aéroport

Quartiers

11 quartiers sont comptabilisés par la municipalité.

Cannes-Binda : quartier populaire du nord de la ville, constitué de grands ensembles, classé ZUS avec Les Salines, faisant l’objet d’une politique de rénovation urbaine
Centre Ville : cœur touristique de la ville, constitué de ruelles commerçantes et de grandes artères de circulation
Casone : quartier bourgeois à population aisée, situé dans l’ancienne station d’hiver sur les hauteur de la ville sud.
Jardins de l’Empereur : cité classée ZUS sur les hauteurs de la ville, constituée de grands ensembles dominant le centre-ville
Mezzavia : quartier du nord de la ville, marqué de plusieurs lotissements ainsi que des zones d’activités commerciales et économiques
Octroi-Sainte Lucie : il constitue la partie nord du centre-ville, près du port et de la gare SNCF
Pietralba : quartier populaire du nord-est de la ville, classé ZUS
Résidence des Îles : quartier du sud de la ville près de la touristique route des Sanguinaires, dans un environnement de qualité
Saint-Jean : ensemble d’immeubles abritant une population aux revenus modestes, à proximité du noyau urbain historique de la ville, classé ZUS
Salines : quartier populaire du nord de la ville, constitué de grands ensembles, classé ZUS avec Les Cannes, faisant l’objet d’une politique de rénovation urbaine
Vazzio : quartier du nord-est de la ville, à proximité de l’aéroport, de la centrale EDF et du stade François Coty
Amandarina : quartier populaire du nord de la ville, constitué d’ensemble d’immeubles, classé ZUS

Culture et tourisme

Ajaccio dispose d’un potentiel touristique varié, possédant aussi bien un cadre culturel dans le centre de la ville qu’un patrimoine naturel à travers la mer Méditerranée, ses criques et ses plages, ainsi que la réserve Natura 2000 que constituent les îles Sanguinaires.

Monuments

De nombreux monuments sont consacrés à Napoléon:
Monument de la place du Casone
La maison dans laquelle il naquit et vécut, est maintenant un musée national : le Musée de la Maison Bonaparte
La chapelle impériale abrite les sépultures de ses parents, ainsi que de ses frères et sœurs.

La vieille ville et le Borgu sont typiquement méditerranéens avec leurs rues étroites et pittoresques.
Citadelle du XVIe siècle.
Cathédrale, ou cathédrale Santa Maria Assunta, de la Renaissance, dépendant du diocèse d’Ajaccio, dans laquelle Napoléon a été baptisé, avec son orgue de Cavaillé-Coll.
Le musée Fesch abrite une très importante collection de peintures italiennes de la Renaissance.
Église Saint-Roch, néoclassique sur projet de l’architecte ajaccien Barthélémy Maglioli (1885).
Le Musée A Bandera Musée d’Histoire Corse Méditerranéenne.
La bibliothèque municipale conserve de nombreux incunables des XVe et XVIe siècles.
Le palais Lantivy, sur le cours Napoléon, palais italien siège de la préfecture de Corse.
Le quartier dit « des étrangers » comporte nombre d’anciens palaces, de villas et de bâtiments autrefois construits pour les hivernants anglais à la Belle époque, comme l’église anglicane ou le Grand Hôtel Continental. Certains des bâtiments sont malheureusement en mauvais état de conservation et très dégradés, d’autres ont été détruits pour l’édification d’immeubles modernes. Le quartier conserve tout de même une belle architecture et reste très agréable à visiter.

Le square Pierre Griffi (devant la gare ferroviaire), héros de la Résistance corse, l’un des membres de la mission secrète Pearl Harbour, première opération lancée en Corse sous l’occupation pour coordonner la résistance.
La statue du commandant L’Herminier (devant la gare maritime), commandant du sous-marin Casabianca qui participa activement aux combats pour la libération de la Corse dès septembre 1943.
Ancien Hotel de luxe du XIXe, le Cyrnos Palace (sur le Cours Grandval), célèbre palace de la belle époque dans le quartier des étrangers, aujourd’hui transformer en logements sociaux.

Patrimoine naturel

Archipel des Sanguinaires:
La Route des Sanguinaires longe toute la côte sud de la ville, après la Plage Saint François. Elle est bordée de belles villas et de criques et plages. En bordure de la route se situe le cimetière d’Ajaccio, avec la tombe de Tino Rossi.
Au débouché de la route des Sanguinaires se situe la Pointe de la Parata avec à proximité l’archipel des Sanguinaires et son phare.

Le sentier des Crêtes, qui part du centre ville permet une randonnée facile et offre de splendides panoramas sur le golfe d’Ajaccio. Les rives de ce dernier sont parsemées d’une multitude de plages et petites criques idéales pour la baignade et la plongée sous-marine.

De nombreux petits sentiers à travers le maquis maillent le territoire de la commune.

Loisirs

La ville dispose de deux ports de plaisance et d’un casino.
Les principales animations se concentrent au centre-ville et sur la Route des Sanguinaires (cinémas, bars, discothèques entre autres).

Films tournés à Ajaccio

Napoléon (film, 1927), un des derniers grands succès français du cinéma muet, par Abel Gance, en 1927.
Les Randonneurs, film français réalisé par Philippe Harel en 1997.
Les Sanguinaires, film de Laurent Cantet en 1998.
The Amazing Race, série américaine réalisée par Elise Doganieri et Bert Van Munster en 2001 (saison 6 épisode 9).
L’Enquête corse, réalisé par Alain Berbérian en 2004.
3 petites filles, film français réalisé par Jean-Loup Hubert en 2004.

Sports

Les infrastructures sportives, assez diverses, sont bien développées sur l’ensemble de la ville.

Football :
Le club de l’AC Ajaccio, dont le stade François Coty (13 500 places après travaux) situé au nord-est de la ville, en est la vitrine.
Le Gazélec Football Club Olympique Ajaccio joue dans le stade Ange-Casanova situé à Mezzavia.
GFCO Ajaccio handball
GFCO Ajaccio Volley-Ball
GFCO Ajaccio Basket Ball
Hippodrome des Vignetta

wikipedia et toute les sources d'information

Tags:

 

Faire un commentaire pour : Ajaccio